Dossier permanent d'un groupe de courageux amateurs de science économique

Ce blog a pour but de garder une trace utile de ce qui s'est dit ou fait ou a été étudié dans le groupe. Il y est pratiqué une totale liberté pour l'insertion des commentaires sur les articles, les articles des membres étant revus par l'animateur avant publication.

dimanche 27 mai 2012

Modèles économiques


La représentation de l’économie nécessite l’utilisation d’un modèle supposé évaluer les forces en jeu et leurs conséquences. Le texte ci-dessous est la traduction d’un article sur ce sujet paru en 2010 dans The Economist.

Agents of change[1]


Les modèles économiques conventionnels ont échoué à prévoir la crise financière. Un modèle basé sur les acteurs pourrait-il faire mieux ?
Le courant principal des études économiques a toujours eu ses dissidents. Mais l’échec de la discipline à prédire la crise financière a rendu le sujet particulièrement propice à de nouvelles études.
Il y a une convergence des critiques sur ce qui ne va pas dans la prévision macroéconomique. Une audition à une commission de la Chambre des représentants mettait récemment en cause les modèles basés sur l’équilibre général dynamique et stochastique [2](DSGE) utilisés par la FED et d’autres banques centrales. Le but de l’audition était de s’interroger sur la sagesse de fonder la politique économique nationale sur un unique modèle alors qu’il existe des alternatives.
L’Institut de la Nouvelle Pensée économique de New York a attaqué de nombreuses hypothèses, y compris celle de l’efficience des marchés financiers et celle des attentes rationnelles, sur lesquelles ces modèles sont construits. Ces hypothèses sont clairement trop simplistes. Mais il y a moins d’accord sur celles qui devraient remplacer  les anciens modèles.
L’une des plus prometteuses vient d’un atelier de la Fondation de la Science Américaine auquel participaient des économistes de la FED et de la Banque d’Angleterre, des conseillers politiques et des informaticiens.. Ils s’étaient réunis pour explorer le potentiel de modèles basés sur les acteurs (ABM) de l’économie pour aider à comprendre les leçons de cette crise et, peut-être, à développer un alertant de la survenue de la prochaine.
Les modèles basés sur les acteurs ne supposent pas que l’économie peut atteindre un équilibre stable. Le sommet n’impose à l’économie ni instructions ni conceptions. Au contraire de nombreux modèles, les ABM ne sont pas peuplés d’acteurs représentatifs : traders identiques, entreprises et ménages dont les comportements individuels reflètent l’économie dans son ensemble. Au contraire, un ABM va du bas vers le haut et assigne à chaque acteur des règles de comportement particulières. Par exemple, certains peuvent croire que les prix reflètent les fondamentaux alors que les autres peuvent faire confiance aux observations empiriques des tendances observées dans le passé sur les prix.
De manière cruciale, le comportement des acteurs peut être déterminé (et altéré) par des  interactions directes entre eux, alors que dans les modèle conventionnels, l’interaction survient seulement indirectement par les prix. Ce caractère des ABM permet, par exemple, le comportement d’imitation qui conduit aux hordes d’investisseurs. Les acteurs peuvent apprendre par expérience ou changer leurs stratégies selon l’opinion majoritaire. Ils peuvent se grouper dans des structures institutionnelles comme les banques et les entreprises. Ces choses sont très difficiles, quelquefois impossibles, à construire dans les modèles conventionnels. Mais dans un modèle basé sur les acteurs, vous exécutez simplement une simulation informatique pour voir ce qui en sort, indépendamment de toute hypothèse émise du sommet.
Bien que les modèles DSGE soient aussi basés sur des fondations microéconomiques, ils acceptent la vision traditionnelle qu’il existerait une sorte d’équilibre général vers lequel tous les prix sont attirés. Le fait que cela soit approximativement vrai est la raison pour laquelle les modèles DSGE fonctionnent assez bien dans une économie à l’état normal. Ils marchent mal en période de crise, cependant, car leur élément de dynamique stochastique produit de faibles fluctuations autour de l’équilibre, et il n’y a pas d’équilibre durant les crashes.
Au contraire,  la modélisation basée sur les acteurs  ne fait pas d’hypothèses sur l’existence de marchés efficients ou d’équilibre général. Les marchés qu’ils génèrent ressemblent davantage à une rivière turbulente, ou au système météorologique, soumis à de constantes tempêtes et crises de toutes tailles. Grandes fluctuations et même crashes sont une caractéristique qui leur est inhérente. C’est parce que les ABM comportent des rétro mécanismes qui peuvent amplifier de petits effets,  tels que les comportements moutonniers et les paniques qui génèrent des bulles et des craches. En langage mathématique les modèles sont non-linéaires, ce qui signifie que les effets ne sont pas proportionnels aux causes.
Ces non-linéarités furent mises en évidence dans le crédit Crunch. Le MIT présenta un modèle du marché du logement Américain, inspiré par l’approche ABM, qui montrait comment une conjonction fatale d’augmentation du prix des  maisons, de baisse des taux d’intérêt et d’un accès facile au refinancement, créa un incroyable fardeau de dette. Il fut expliqué comment le cycle de la dette en refinançant – effet de levier élevé en phase d’expansion, et faible pendant les récessions – peut agir comme un pendule hors de contrôle pour créer l’instabilité. La Banque d’Angleterre est en train de modéliser la toile des interdépendances créées par l’usage de produits dérivés complexes. Ces vulnérabilités basées sur un réseau sont exactement la sorte d’évènement que les ABM capturent efficacement.

Comportement modélisé

Une autre grande leçon de la crise est le rôle des interactions entre différents secteurs de l’économie –par exemple logement et finance. Bien que les modèles conventionnels puissent les incorporer, les ABM sont mieux adaptés à la modélisation de secteurs spécifiques. On explore aussi la faisabilité d’un immense ABM de la totalité de l’économie en connectant un grand nombre de tels modèles ensemble.
Que pourrait exiger une telle entreprise ? Une vision possible est une simulation en temps réel, alimentée par des masses de données, et qui fonctionnerait comme les modèles de prévision de trafic. Mais il serait peut-être plus réaliste et utile d’employer une collection de tels modèles, à la manière des simulations globales du climat, qui projettent plusieurs futurs possibles. Dans les deux cas, les modèles exigeraient beaucoup plus de données sur les activités des individus, des banques et des entreprises.
Une telle collecte de données suscite des craintes pour la vie privée, mais est essentielle. Les sismologues peuvent n’être pas capables de prévoir les tremblements de terre précisément mais il serait déplorable qu’ils se résignent eux-mêmes à ne modéliser que les mouvements réguliers et graduels des plaques tectoniques. Au contraire, ils ont développé des types de cartes sur les évolutions des tensions, en identifiant les aires de risque et en raffinant de manière approximative l’évaluation du risque. Pourquoi ne pas faire la même chose pour l’économie ?







[1] Le titre n’a pas été traduit. L’expression « agent de change » renvoyant à une profession, il aurait fallu « acteurs du changement ».


[2] Aléatoire

samedi 12 mai 2012


Compte rendu de la séance du 18 avril 2012





1.      Actualités

-          Q-Cells, fabricant de cellules solaires allemandes. Le dépôt de bilan de cette entreprise nous rappelle la difficulté de lancer une industrie nouvelle basée sur des subventions, en l’occurrence le prix de rachat de l’électricité. Le lancement irréfléchi des bio-carburants en est une autre illustration.

-          Révision des statistiques sur les entreprises par l’INSEE. Le passage de statistiques basées sur le statut juridique à des statistiques basées sur l’intégration économique indépendamment de leur habillage juridique bouleverse la représentation des entreprises, et par voie de conséquence les raisonnements de politique économique. Cela rappelle un principe oublié quotidiennement par tous ceux qui parlent de l’économie et surtout de politique économique que toute statistique doit être définie chaque fois qu’on l’évoque.



2.      Début des réponses aux questions posées le 11 janvier

-          Généralités sur la monnaie : doctrine et régime de change (Suite)

-          Les objectifs statutaires des banques centrales. La comparaison des objectifs statutaires des banques centrales des grandes monnaies (dollar, euro, franc suisse, livre sterling, yen et yuan) montre une grande similitude ; cela n’est pas étonnant puisqu’elles sont toutes fondées sur les mêmes principes et qu’elles conduisent leur politique monétaire avec les mêmes instruments (masse monétaire, taux d’intérêts, réserves obligatoires).



3.      Nouvelles questions

-          Bale 3 : objet et conséquences sur le financement de l’économie.



4.      Le Blog

Adresse :  http://sensibilonomie.blogspot.com

On y trouve les comptes rendus et divers textes dont le dernier porte sur la relation entre le déficit budgétaire et le déficit de la balance commerciale, et des textes de référence comme le Traité sur la stabilité.



5.      L’initiation à l’économie

Dans sa collection de fascicules Réviser son bac avec Le Monde, ce journal vient de publier celui sur les Sciences Économiques (7.90€). Il s’agit d’une approche très scolaire du sujet, dont on perçoit souvent l’influence dans les médias, ce qui ne retire rien à son intérêt.







6.      Questions diverses

L’UDTL prépare l’exposition de la totalité de ses activités ; elle se tiendra du 21 au 29 mai au théâtre de Dreux.

La Sensibilisation à l’Économie  aura un stand avec 2 panneaux ; toutes vos idées sur le message intéressant et attractif que nous pourrions y afficher seront les bienvenues.

Par ailleurs, une personne se porte volontaire « en cas de nécessité ».





Au plaisir de vous revoir et de vous entendre le 16 mai.
Banque des règlements internationaux



La Banque des Règlements Internationaux (BRI) est une organisation internationale qui œuvre à la coopération monétaire et financière internationale et fait office de banque des banques centrales.
La BRI s’acquitte de son mandat en agissant comme :
-       forum pour faciliter les échanges de vues et les processus de prise de décision entre banques centrales et au sein de la communauté financière et prudentielle internationale ;

-       centre de recherche économique et monétaire ;

-       contrepartie d’excellente qualité pour les banques centrales dans leurs transactions financières ;

-       agent ou mandataire (trustee) pour les opérations financières internationales.

Gouvernance

Constituée le 17 mai 1930, la BRI est la plus ancienne organisation financière internationale. Outre son siège social, à Bâle (Suisse), elle possède un Bureau de représentation à Hong-Kong RAS et un autre à Mexico. La Banque emploie 589 agents, ressortissants de 54 pays.
Les grands organes de décision de la Banque sont :
-       l’Assemblée générale des banques centrales membres ;
-       le Conseil d’administration ;
-       le Directeur Général, assisté de l’Executive Committee.

Assemblée générale ordinaire

L’Assemblée générale ordinaire (AGO), qui se tient dans les quatre mois suivant la clôture de l’exercice (31 mars), réunit les banques centrales membres de la BRI pour approuver les états financiers et statuer sur d’autres questions relevant de sa compétence.
Le capital de la Banque est détenu exclusivement par des banques centrales ; 60 institutions disposent actuellement de droits de vote et de représentation aux Assemblées générales. Il s’agit des banques centrales ou autorités monétaires des pays ou territoires suivants : Afrique du Sud, Algérie, Allemagne, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Chine, Colombie, Corée, Croatie, Danemark, Émirats arabes unis, Espagne, Estonie, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Hong-Kong RAS, Hongrie, Inde, Indonésie, Irlande, Islande, Israël, Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malaysia, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pérou, Philippines, Pologne, Portugal, République de Macédoine, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Serbie, Singapour, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Thaïlande, Turquie, plus la Banque centrale européenne.

Conseil d’administration

Présidé par Christian Noyer, Gouverneur de la Banque de France, le Conseil d’administration compte 18 membres. Six le sont ès qualités : les gouverneurs des banques centrales d’Allemagne, de Belgique, de France, d’Italie et du Royaume-Uni et le Président du Conseil des gouverneurs du Système de Réserve fédérale des États-Unis ; chacun d’eux peut nommer un autre administrateur de même nationalité. Les Statuts prévoient que le Conseil peut, en outre, élire au maximum neuf gouverneurs d’autres banques centrales membres ; sont actuellement élus ceux des banques centrales du Canada, de Chine, du Japon, du Mexique, des Pays-Bas, de Suède et le Président de la Banque centrale européenne.

Directeur Général/Executive Committee

Le Directeur Général est Jaime Caruana, et le Directeur Général Adjoint, Hervé Hannoun. Peter Dittus dirige le Secrétariat général, Stephen Cecchetti, le Département monétaire et économique, et Günter Pleines, le Département bancaire. Le Directeur juridique est Diego Devos.

Coopération monétaire et financière
Réunions
Comme l’AGO, les séances bimestrielles réunissent les gouverneurs de banques centrales membres, leur offrant l’occasion d’examiner la situation économique et financière mondiale et de débattre de certaines questions stratégiques relatives à la stabilité monétaire et financière. D’autres réunions de hauts responsables de banques centrales portent sur la conduite de la politique monétaire, la surveillance des marchés financiers internationaux et la gouvernance des banques centrales.
La BRI organise régulièrement des rencontres d’experts sur des sujets plus spécialisés, tels la gestion des réserves, les questions juridiques, les systèmes informatiques et l’audit interne. Bien qu’elles s’adressent surtout aux banques centrales, ces réunions font aussi intervenir hauts responsables et experts d’autres autorités financières, ainsi qu’universitaires et acteurs des marchés.

Comités et secrétariats
Plusieurs comités et organisations voués à la stabilité monétaire et financière ou au système financier international ont leur secrétariat à la BRI et coopèrent étroitement avec elle.
La BRI accueille le secrétariat du Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, du Comité sur le système financier mondial, du Comité sur les systèmes de paiement et de règlement, du Comité des marchés, du Groupe sur la gouvernance des banques centrales et de l’Irving Fisher Committee on Central Bank Statistics.

D’autres groupes, qui ne font rapport ni à la BRI ni à ses banques centrales membres, ont établi leur secrétariat à la BRI : le Conseil de stabilité financière, l’Association internationale de protection des dépôts et l’Association internationale des contrôleurs d’assurance.

Recherche et statistiques

Les réunions organisées par la BRI et les activités des comités établis à Bâle s’appuient sur les travaux de recherche économique, monétaire, financière et juridique de la Banque. Véritable plaque tournante de l’échange d’informations statistiques entre banques centrales, la BRI publie des statistiques sur les différents marchés mondiaux (bancaire, titres, changes et dérivés).
Outre son Rapport annuel et le Rapport trimestriel BRI sur l’activité bancaire et financière internationale, la Banque publie des travaux de recherche à caractère théorique ; par ailleurs, dans le cadre des séries Working Papers et BIS Papers, elle diffuse des études sur des thèmes particuliers traités lors de ses réunions.

Institut pour la stabilité financière (ISF)
Par ses séminaires, conférences, outils d’information Internet (FSI Connect) et autres activités, l’ISF encourage la diffusion et la mise en œuvre de normes prudentielles saines pour le secteur financier.

Banque des banques centrales

La BRI offre une vaste gamme de services financiers spécialement conçus pour aider les banques centrales et autres autorités monétaires à gérer leurs réserves de change. Au 31 mars 2011, quelque 140 autorités ainsi que de nombreuses institutions internationales avaient recours à ces services. Le total de leurs dépôts s’établissait alors à DTS 207 milliards, soit environ 3 % des réserves mondiales de change.
Deux salles des opérations interconnectées assurent les services financiers de la BRI, l’une au siège, à Bâle, l’autre au Bureau de représentation pour l’Asie et le Pacifique, à Hong-Kong RAS.
La BRI n’entretient pas de relations bancaires avec les particuliers et les entreprises. Il est, par ailleurs, interdit à la Banque de consentir des avances aux gouvernements et d’ouvrir des comptes courants en leur nom.

Services de placement pour les banques centrales
La BRI adapte continuellement sa gamme de produits afin de répondre à l’évolution des besoins des banques centrales. À côté de services classiques, tels que comptes à vue/préavis et dépôts à terme, elle a élaboré une palette de produits financiers, que les banques centrales peuvent négocier activement pour accroître la rémunération de leurs avoirs.
La Banque offre des services de gestion d’actifs sur titres souverains ou actifs de première qualité. Il peut s’agir d’un mandat de portefeuille spécifique négocié entre la BRI et une banque centrale ou d’une structure de placement collectif (BIS Investment Pool – BISIP), permettant à plusieurs clients d’investir dans un lot d’actifs. Les deux fonds obligataires Asie (ABF1 et ABF2) sont administrés par la BRI dans le cadre de la structure BISIP, le premier étant géré par la Banque elle-même, le second, par des gestionnaires externes.

Services additionnels

La BRI accorde parfois des avances à court terme aux banques centrales, généralement sous forme de crédits garantis. Elle agit aussi en qualité de mandataire (trustee) pour divers accords internationaux de prêt et remplit des fonctions d’agent détenteur de sûretés.



Janvier 2012 1/2