Dossier permanent d'un groupe de courageux amateurs de science économique

Ce blog a pour but de garder une trace utile de ce qui s'est dit ou fait ou a été étudié dans le groupe. Il y est pratiqué une totale liberté pour l'insertion des commentaires sur les articles, les articles des membres étant revus par l'animateur avant publication.

lundi 20 février 2012

Politique monétaire dans les grandes zones monétaires

Politique monétaire dans les grandes zones monétaires

I. Généralités

1. Qu’est-ce que la politique monétaire ?

Les politiques économiques, objets essentiels des programmes électoraux, s’analysent en fonction soit de leur domaine d’application (agriculture, industrie, commerce), soit en fonction de l’horizon de temps auquel elles se réfèrent (s’il est proche on parle de politique conjoncturelle, s’il est lointain on parle de politique structurelle), soit en fonction des moyens qu’elles utilisent (la monnaie, le budget ou la fiscalité).

Bien entendu, toute politique économique comporte tous ces aspects et ne doit être jugée que sur ses objectifs et ses résultats globaux, mais son analyse sous divers angles permet d’appréhender les voies et moyens utilisés par ses concepteurs pour atteindre les buts énoncés, voire promis. La politique monétaire est donc une des trois politiques financières qui décrivent une politique économique analysée en fonction des moyens qu’elle utilise.

Ainsi considérée, la politique monétaire est constituée de l’ensemble des mesures qui sont destinées à agir sur les conditions du financement de l’économie.

Elle est mise en œuvre par les banques centrales grâce à leur monopole sur l’émission et le contrôle de la monnaie et des taux d’intérêts, et leur gestion des réserves de change, et nous examinerons les politiques monétaires des grandes zones monétaires que sont l’U.E., le Royaume Uni, les États-unis, la Chine et le Japon.

2. Comment agir sur le financement de l’économie ?

Les Banques Centrales gèrent la liquidité du marché monétaire (Voir Annexe 1) et agissent sur son taux d’intérêt dont les variations influencent, sous certaines conditions, les comportements des agents économiques. Elles exposent leur politique en modifiant les conditions qu’elles imposent aux institutions de crédit. Elles visent à assurer un fonctionnement correct du marché monétaire et à aider les institutions de crédit à assurer leurs besoins de liquidité avec souplesse.

Les Banques Centrales agissent aussi sur les taux directeurs (taux sur les prêts qu’elles consentent aux banques).

Leur influence sur le taux de change qui lui-même influence l’économie, dépend du régime de change de leur monnaie (currency board, pegging ou cours flottant sur le marché international d’une monnaie nationale ou d’une monnaie collective internationale), le choix du régime étant l’élément majeur de leur politique monétaire. Évidemment le dollar est un régime de change à lui seul.

3. Comment se transmet un changement de taux à l’économie ?

Un changement du taux d’intérêt du marché monétaire provoqué par une Banque Centrale met en route de nombreux mécanismes et actions par les agents économiques. Ensuite le changement influencera les évolutions de variables économiques telles que la production et les prix. Ce processus est hautement complexe. Ses caractères généraux sont compris mais il n’y a pas de consensus sur son fonctionnement détaillé.

4. Neutralité de la monnaie à long terme

Il est couramment admis qu’un changement dans la quantité de monnaie dans l’économie va se traduire par un changement dans le niveau général des prix, mais pas par un changement permanent de variables réelles telles que la production ou le chômage.

Le principe général de neutralité de la monnaie à long terme est à la base de la pensée macroéconomique standard. Le revenu réel ou le niveau du chômage sont, dans le long terme, essentiellement déterminés par des facteurs réels tels que la technologie, la croissance de la population ou les préférences des agents économiques.

5. L’inflation, un phénomène monétaire

Sur le long terme, une Banque Centrale peut seulement contribuer à augmenter la croissance potentielle de l’économie (Voir Annexe 2) en entretenant un environnement de prix stable. Elle ne peut rehausser la croissance économique en augmentant la création monétaire et en gardant les taux d’intérêt à court terme à un niveau incompatible avec la stabilité des prix. Elle peut seulement influencer le niveau général des prix.

En fin de compte, l’inflation est un phénomène monétaire. Les périodes prolongées d’inflation sont typiquement associées à une croissance monétaire élevée. Tandis que d’autres facteurs (variation de la demande globale, changement technologique ou choc des prix des matières premières) peuvent influencer les variations de prix sur le court terme, dans la durée leur effet peut être annulé par un changement de la politique monétaire.

II. Les grandes zones monétaires

Le premier caractère important des cinq zones étudiées est sa diversité ; sur cinq zones il y a quatre régimes de change :

- Le Royaume-Uni et le Japon ont une monnaie nationale flottante

- la zone euro a une monnaie internationale flottante

- la Chine a une monnaie nationale sous contrôle d’État

- les États-unis ont le Dollar, système différent de tous les autres, reposant sur la puissance économique et militaire.

Les comparaisons des politiques monétaires conduites dans les cinq zones devront être très prudentes.

1. L’Union Européenne

L’U.E. a 12 zones monétaires : 11 zones nationales et la zone euro couvrant 16 nations. Elle peut donc avoir 12 politiques monétaires, mais seulement 2 peuvent compter parmi les grandes : le Royaume-Uni et la zone euro.

Mais la politique monétaire de la zone euro est caractérisée par une contrainte qui lui est propres et tient aux conditions de sa création (c’est donc un élément congénital), et qui ne lui permet pas de participer à la politique économique de la zone euro, politique qui n’existe pas encore, à quoi elle serait associée avec les politiques budgétaires et fiscales qui n’existent que sous une forme à peine embryonnaire. La politique monétaire de la zone euro doit donc, sinon satisfaire les besoins des 16 membres, au moins ne pas leur nuire, ce qui l’oblige évidemment à choisir toujours des options moyennes, et à n’évoluer qu’à petits pas.

Avec ces considérations à l’esprit, le chapitre le plus important de la politique monétaire de la zone euro concerne le marché interbancaire.

Particularité du marché interbancaire (Voir Annexe 1) de la zone euro :

  • Intégration
  • Concentration
  • Calcul unique des taux interbancaires
  • Hiérarchie des taux (Voir Annexe 3)

La politique monétaire de la zone euro peut est décrite ainsi :

Avec une monnaie collective internationale sous le régime de change flottant, visant à optimiser la liquidité du système bancaire de la zone en l’alimentant avec souplesse et précision et en fixant les taux d’intérêts appropriés, atteindre ses objectifs statutaires.

2. Le Royaume-Uni

Les Britanniques commencent leur définition de la politique monétaire de la Banque d’Angleterre en généralisant : l’objectif principal de toute banque centrale est de sauvegarder la valeur de la monnaie en terme de pouvoir d’achat. Les augmentations de prix, l’inflation, réduisent la valeur de la monnaie. La politique monétaire vise à atteindre cet objectif et à fournir le cadre d’une croissance économique non inflationniste.[1]

Monetary policy framework

L’objectif de la politique monétaire de la Banque est de préserver la stabilité des prix, inflation faible, et, en respectant cela, soutenir les objectifs économiques du Gouvernement, y compris la croissance et l’emploi. La stabilité des prix est définie par l’objectif d’inflation de 2%.[…] Une inflation sous l’objectif de 2% est jugée juste aussi mauvaise que l’inflation au dessus de l’objectif. […] C’est en fixant un taux d’intérêt que la Banque cherche à atteindre l’objectif d’inflation.

Remit for the monetary policy committee (11/03/2008)

Stabilité des prix – Objectifs de la politique économique du Gouvernement - Responsabilité

Lettre du Gouverneur de la Banque d’Angleterre au Ministre des Finances (15/12/2008)

L’indice des prix à la consommation ayant augmenté de 5.2% en septembre et 4.1% en novembre, en dépassement de la marge de variation de 1% par rapport à l’objectif de 2%, le Gouverneur en explique les raisons et les perspectives de retour à la normale, puis décrit les décisions prises (en fait la Banque ne peut pas faire grand-chose).

Réponse du Ministre des Finances au Gouverneur de la Banque d’Angleterre

3. Les États-unis

La Réserve Fédérale est la Banque Centrale du Dollar (communément appelée la FED).

Federal Open Market Committee (FOMC ou Comité Fédéral du Marché Monétaire)

La politique monétaire est conçue par le FOMC qui comprend les Gouverneurs du Système Fédéral de Banques Centrales s et cinq Présidents de Banques Centrales Régionales.

Le terme « politique monétaire » fait référence à des actions entreprises par une Banque Centrale, telle que la Réserve Fédérale, pour influencer la disponibilité et le coût de l’argent et du crédit pour aider à promouvoir les buts de l’économie nationale.

La Réserve Fédérale contrôle les trois outils de la politique monétaire : les opérations du marché monétaire, le taux de l’escompte et les réserves obligatoires. Le Conseil des Gouverneurs du Système Fédéral de Banques Centrales est responsable du taux de l’escompte et des réserves obligatoires, et le Comité Fédéral du Marché Monétaire (FOMC) est responsable des opérations du marché monétaire. Avec ces trois outils, la Réserve Fédérale influence la demande et l’alimentation des soldes que les institutions dépositaires ont dans les Banques Centrales Fédérales, et de cette manière modifie le taux de leurs dépôts au jour le jour.

Les variations du taux des dépôts au jour le jour déclenche une chaîne d’évènements qui affecte d’autres taux d’intérêts à court terme, des taux de change, des taux d’intérêts à long terme, le montant de la monnaie et du crédit, et, au bout du compte, une série de variables économiques comprenant l’emploi, la production, et les prix des marchandises et des services.

Minutes of the meeting of Federal Open Market Policy December 15-16 2008

Federal Reserve press release December 16 2008 (Annexe 4)

Un objectif de marge est établi pour le taux des dépôts au jour le jour entre 0 et 0.25%. Le taux de l’escompte est abaissé de 75 points à 0.5%, et le taux d’intérêt sur les réserves obligatoires est fixé à 0.25%. Les justifications de ces décisions sont très générales, sans aucune donnée.

Rapport semestriel au Congrès sur les politiques internationales économique et de change 10/12/2008[2], source riche en informations.

4. La Chine

Objectif de la politique monétaire : conserver la valeur de la monnaie de manière à promouvoir la croissance économique.

Instruments de la politique monétaire : réserves obligatoires, taux d’intérêt de base de la banque centrale, réescompte, prêts de la banque centrale, opérations d’open market et autres instruments de politique monétaire spécifiés par le Conseil d’État.

Rapport du quatrième trimestre 2007 sur la politique monétaire de Chine 22/02/2008 58 pages

Dans sa conclusion, y est décrite la politique monétaire voulue en 2008 ; elle comporte les actions suivantes :

- appliquer les mesures destinées réduire l’excès de liquidité du système bancaire

- ajuster les taux d’intérêt pour réduire l’inflation

- améliorer la gestion du régime de change flottant

- renforcer la réglementation des institutions financières

- encourager le développement des marchés financiers

- approfondir la réforme des entreprises financières

- améliorer la gestion des devises

5. Le Japon

Stabilité des prix

Politique monétaire et opérations du marché monétaire

Le Conseil sur la Politique de la Banque décide d’une position de principe en matière de politique monétaire lors des Réunions de Politique Monétaire. Le Conseil de Politique discute de la situation économique et financière puis décide d’une ligne de conduite pour les opérations du marché monétaire lors des Réunions de Politique Monétaire. La Banque communique ses intentions sur les développements économiques et financiers qui forment la base de la décision sur la ligne de conduite pour les opérations du marché monétaire, dans « L’intention de la Banque » dans le Rapport Mensuel sur …

Selon la ligne de conduite décidée par les Réunions de Politique Monétaire pour les opérations du marché monétaire, la Banque contrôle le montant des fonds sur le marché monétaire principalement au travers des opérations du marché monétaire.

Conseil de Politique (Monétaire) (9 membres)

Réunions du Conseil de Politique (MPM)

Outre les recherches et analyses approfondies sur les conditions économiques et financières, la Banque étudie et examine différentes matières concernant la politique monétaire, telles que les stratégies et instruments de politique monétaire, ainsi que le système financier. La Banque utilise les découvertes de sa recherche comme base de décision de sa politique monétaire.

Indépendance et transparence de la Politique Monétaire

Il est important que la politique monétaire de la Banque et la position de principe de la politique économique du gouvernement doit mutuellement harmonieuse, c’est pourquoi l’Acte stipule que la Banque devra « toujours maintenir un contact étroit avec le gouvernement et suffisamment lui communiquer ses intentions ».

La politique monétaire du taux d’intérêt zéro a découragé les investissements en yen ; les investisseurs ont emprunté des yen pour les vendre (faisant ainsi baisser le cours du yen) contre une autre monnaie offrant de meilleurs taux d’intérêt. Le soutient à l’économie par le budget a conduit à une dette de l’État représentant 180% du PIB, niveau porteur de problèmes difficiles dans l’avenir.

III. Conclusion provisoire

On a vu que plusieurs raisons rendaient la comparaison des politiques monétaires difficiles, et probablement peu utile :

- la dispersion des régimes de change

- les modalités de fonctionnement des banques centrales modernes qui sont, sinon identiques, du moins extrêmement ressemblantes

- la mesure des effets des politiques monétaires étant donné la complexité de leur action pour les taux d’intérêt, ou de leur fonctionnement pour le marché interbancaire

- la difficulté de partager les variations des données économiques entre la portion causée par la politique monétaire, celle causée par la politique fiscale et celle causée par la politique budgétaire d’une part, et ce qui revient au vaste domaine de la conjoncture nationale et internationale ; par exemple, la hausse du dollar alors que l’économie américaine est en crise et que les taux d’intérêt de la FED diminuent s’explique en partie par les rapatriements massifs de capitaux américains d’Asie et d’Europe nécessités par la crise financière, ainsi que par la forte diminution de la croissance européenne..

ANNEXE 1

Le marché monétaire

Le marché monétaire comprend

  • d’une part un marché à proprement parler, le marché interbancaire, servant à fixer le taux interbancaire et à organiser entre les banques les transactions corrigeant leurs excès ou insuffisances de liquidité,
  • et des instruments avec lesquels la banque centrale applique sa politique monétaire ; au-delà des ajustements entre les banques, la banque centrale règle, avec ces instruments, l’alimentation du système bancaire en fonction de certains objectifs tels que les taux d’intérêt, les taux de change, le chômage, …

Le marché interbancaire

Le marché interbancaire est réglementé par le Comité de la Réglementation Bancaire qui définit

  • les intervenants : les établissements de crédit, le Trésor public, la Caisse des Dépôts et Consignation et la Banque de France pour le compte de la BCE ;
  • et les intermédiaires qui sont une trentaine d’agents du marché interbancaire, et 26 Organisateurs Principaux du Marché (6 maisons de réescompte, la BFCE, la CDC et 18 établissements de crédit, les seconds assumant des risques que ne prennent pas les premiers.

Le marché interbancaire comporte un système de règlement qui lui est propre : TARGET (Trans European Real time Gross settlement Express Transfert), en français TETARR (Transfer Express Transeuropéen Automatisé à Règlement brut en temps Réel). Le système de règlement brut, par opposition au règlement net de fin de journée dans lequel les débits et les crédits se compensent, a été choisi en raison de la sécurité qu’il offre, malgré l’inconvénient d’exiger un montant de liquidité plus élevé.

Les quatre compartiments

Taux d’intérêt sur le marché interbancaire

· EONIA ou TEMPE (Taux Européen Moyen Pondéré au jour le jour en Euros) : calculé sur toutes les opérations de prêts au jour le jour d’un panel d’établissements de premier plan de la zone Euro ;

· EURIBOR ou TIBEUR (Taux InterBancaire offert en EURos) calculé par l’Association des Cambistes Internationaux (ACI) et la Fédération Bancaire Européenne (FBE) calculé pour les échéances mensuelles jusqu’à un an entre les banques ; base d’indexation des émissions d’obligations à taux variables.

Les instruments de la politique monétaire du SEBC

Ce sont :

· l’open market

· les facilités permanentes

· les réserves obligatoires

Les banques centrales utilisent ces outils dans leurs relations avec des contreparties qui doivent être éligibles, c'est-à-dire remplissant les conditions d’accès au marché monétaire ; il en existe plus de 8000.

1. Les opérations d’open market

Elles servent au réglage de la liquidité bancaire, à la détermination des taux d’intérêt EONIA et EURIBOR et aux orientations de la politique monétaire.

Ce sont :

· les cessions temporaires ( pension ou prêts garantis)

· les opérations fermes

· les émissions de certificat de dette

· les échanges de devises

· les reprises de liquidité en blanc

Sur toutes ces opérations, la BCE décide du moment, du choix des instruments et des modalités de leur mise en œuvre.

Elles sont classées par catégorie en :

· opérations principales de refinancement (fréquence hebdo pour deux semaines)

· opérations à plus long terme (fréquence mensuelle pour trois mois)

· opérations de réglage par appel d’offre rapide

· opérations structurelles pour ajuster la position du SEBC

2. Les facilités permanentes

· facilité de prêt marginal contre actif éligible, sans limite et sans restriction, au jour le jour ; taux le plus coûteux des opérations d’open market, et de ce fait taux plafond de la pyramide des taux ;

· facilité de dépôt : taux le plus bas (payé par la BCE au contreparties), et de ce fait taux plancher de la pyramide des taux.

3. Les réserves obligatoires

Elles visent à créer un besoin structurel de refinancement rémunéré au taux des opérations principales de refinancement du SEBC (actuellement 2% ramené pour les réserves à 1.5% tout récemment).

4. Les procédures

  • procédures d’appel d’offre soit à taux fixes, soit à taux variables
    • normaux dans délai de 25 Heures
    • rapides dans délai d’une heure
  • procédures relatives aux opérations bilatérales

5. Les actifs exigibles

  • Niveau I ou Tier 1 : Titres en euros émis par le titulaire d’un compte auprès d’une BC du SEBC
  • Niveau II ou Tier 2 : autres titres répondant à d’autres critères d’éligibilité.

ANNEXE 2

La croissance potentielle

La croissance potentielle (ou taux de croissance potentielle) est une notion de macroéconomie désignant la croissance économique liée aux facteurs fondamentaux d’une économie, et égale en moyenne à la croissance effective.

Elle est calculée comme une estimation statistique des valeurs structurelles de l’économie : les niveaux des facteurs de production (stock de capital, quantité de travail fournie estimée à partir de la population active, du taux d'emploi et de la durée du travail) et de la « productivité globale des facteurs » (PGF). Ces valeurs sont estimées à partir des tendances passées ou sur la base de modélisations économiques.

En raison des cycles économiques, il existe toujours un écart entre la croissance potentielle et celle effectivement réalisée ; la différence entre les deux constitue l’écart de production, également appelé décalage conjoncturel ((en) output gap).

Sur le moyen et long terme, la croissance est en moyenne égale à la croissance potentielle.

Pour l’économie française, le taux de croissance potentielle annuel prévu pour la période 2008–2015 est égal à 2,1 %[1].

Notes et références [modifier]

  1. Révisions de la croissance potentielle de l’économie française à moyen-long terme [archive], DGTPE, 2006

la croissance potentielle s'établirait à 2,1% par an pour le moyen terme (2008-2015), à 1,8% par an sur la période 2015-2030 et à 1,9% sur le très long terme (2030-2050).

Définitions

* Philippine Cour est économiste au CEPII, Hervé Le Bihan est économiste à l'OFCE, Henri Sterdyniak

est chef de l'équipe MIMOSA à l'OFCE.

La production potentielle se définit comme le niveau maximal de production soutenable à long terme sans tensions excessives dans l’économie, et plus précisément sans accélération de l’inflation.

Le taux de croissance potentielle est le taux de croissance de la production potentielle.

L’écart de production (output-gap) est la différence entre la production effective et le niveau de la production potentielle.

Le niveau de production potentielle étant conçu comme un indicateur d’offre, l’écart de production représente l’excès (ou l’insuffisance) de la demande. Il permet de juger de la situation dans le cycle économique.

A court-moyen terme, le taux de croissance peut être supérieur au taux de croissance potentielle sans créer de déséquilibres s’il existe un déficitinitial de production.

INTÉRÊT ET LIMITES DE LA NOTION DE « CROISSANCE POTENTIELLE »

La notion de croissance potentielle peut servir de référence dans la conduite du policy mix (combinaison des politiques monétaire et budgétaire) pour situer la position de l’économie par rapport au cycle et juger de l’opportunité d’une relance ou au contraire d’un freinage conjoncturel. Elle peut aussi permettre de caractériser - de manière rétrospective ou prospective – un « sentier de croissance », dans le moyen ou le long terme, et de définir les moyens d’améliorer son rythme.

http://www.conseil-economique-et-social.fr/rapport/doclon/07013103.pdf

ANNEXE 3

La hiérarchie des taux

Emprunts des établissements financiers

Facilité de prêt marginal 3% Quotidien

EONIA 2.144 (12/01/2009)

Appel d’offres o.p. refinancement 2% Hebdomadaire

Dépôts des établissements financiers

Appel d’offre de reprise de liquidité

Facilité de dépôt 1% A tout moment

Les quatre taux dont dispose la Banque centrale européenne sont hiérarchisés, dans l’ordre suivant :

i1 – facilité de prêt marginal ;

i2 – appel d’offres des opérations principales de refinancement ;

i3 – appel d’offres des reprises de liquidité ;

i4 – facilité de dépôt.

En effet :

les taux de dépôts (i3 et i4) sont nécessairement inférieurs aux taux de crédits (i1 et i2) sinon les

banques feraient du profit sans risque en s’endettant auprès de la Banque centrale pour lui

reprêter les fonds ainsi obtenus sous forme de dépôts ;

le taux de la facilité de prêt marginal est supérieur au taux des appels d’offres des opérations

principales de refinancement puisque les banques peuvent toujours et à tout moment obtenir

des fonds au jour le jour au travers de la facilité de prêt marginal ;

le taux des appels d’offres de reprises de liquidités est toujours supérieur à la facilité de dépôt

puisque cette dernière peut être toujours et à tout moment utilisée par les banques pour placer

leurs excédents de liquidités.

Par ailleurs, le taux interbancaire (EONIA) est nécessairement inférieur au taux de la facilité de prêt

marginal et supérieur au taux des appels d’offres des opérations principales de refinancement.

En effet :

le taux interbancaire est nécessairement inférieur aux taux de la facilité de prêt marginal, sinon

les banques s’adresseraient à la Banque centrale plutôt qu’aux autres banques sur le marché

interbancaire pour assurer l’équilibre de leur besoin de liquidité ;

le taux interbancaire est nécessairement supérieur au taux des appels d’offres des opérations

principales de refinancement, sinon aucune banque ne souscrirait aux appels d’offres puisque

les banques éprouvant des besoins de liquidité pourraient trouver les fonds dont elles ont

besoin à meilleur prix auprès des banques disposant de liquidités en excédent.

Finalement, donc, la Banque centrale européenne peut fixer au niveau qu’elle souhaite le taux du

marché interbancaire en augmentant ou baissant les taux de la facilité de prêt marginal et le taux des

appels d’offres des opérations principales de refinancement.

Cours Mario Dehove – INSTITUTIONS ET THÉORIE DE LA MONNAIE – Septembre 2001

ANNEXE 4

Press Release

Federal Reserve Press Release

Release Date: December 16, 2008

For immediate release

The Federal Open Market Committee decided today to establish a target range for the federal funds rate of 0 to 1/4 percent.

Since the Committee's last meeting, labor market conditions have deteriorated, and the available data indicate that consumer spending, business investment, and industrial production have declined. Financial markets remain quite strained and credit conditions tight. Overall, the outlook for economic activity has weakened further.

Meanwhile, inflationary pressures have diminished appreciably. In light of the declines in the prices of energy and other commodities and the weaker prospects for economic activity, the Committee expects inflation to moderate further in coming quarters.

The Federal Reserve will employ all available tools to promote the resumption of sustainable economic growth and to preserve price stability. In particular, the Committee anticipates that weak economic conditions are likely to warrant exceptionally low levels of the federal funds rate for some time.

The focus of the Committee's policy going forward will be to support the functioning of financial markets and stimulate the economy through open market operations and other measures that sustain the size of the Federal Reserve's balance sheet at a high level. As previously announced, over the next few quarters the Federal Reserve will purchase large quantities of agency debt and mortgage-backed securities to provide support to the mortgage and housing markets, and it stands ready to expand its purchases of agency debt and mortgage-backed securities as conditions warrant. The Committee is also evaluating the potential benefits of purchasing longer-term Treasury securities. Early next year, the Federal Reserve will also implement the Term Asset-Backed Securities Loan Facility to facilitate the extension of credit to households and small businesses. The Federal Reserve will continue to consider ways of using its balance sheet to further support credit markets and economic activity.

Voting for the FOMC monetary policy action were: Ben S. Bernanke, Chairman; Christine M. Cumming; Elizabeth A. Duke; Richard W. Fisher; Donald L. Kohn; Randall S. Kroszner; Sandra Pianalto; Charles I. Plosser; Gary H. Stern; and Kevin M. Warsh.

In a related action, the Board of Governors unanimously approved a 75-basis-point decrease in the discount rate to 1/2 percent. In taking this action, the Board approved the requests submitted by the Boards of Directors of the Federal Reserve Banks of New York, Cleveland, Richmond, Atlanta, Minneapolis, and San Francisco. The Board also established interest rates on required and excess reserve balances of 1/4 percent.

2008 Monetary Policy Releases



[1] Toutes les lignes en italiques sont la traduction de textes extraits des sites des banques centrales.

[2] http://www.treasury.gov/offices/international-affairs/economic-exchange-rates/pdf/FX%20REPORT%20--%20Final%20December%202008.pdf

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